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Internet est toujours de plus en plus gros, de 2010 à 2016, le poids d'une page internet a augmenté de 317 % en moyenne (de 702kb à 2232kb)1. Pourtant, notre vie est loin d'être totalement digitalisée, derrière chaque service en ligne se cache des serveurs, des structures et des ressources qui ont un impact écologique. Chaque service en ligne dépend d'autres services physiques comme la livraison pour le e-commerce. Le fait de pouvoir acheter plus vite entraîne surtout un effet rebond2 qui augmente le nombre de produits fabriqués, promus et livrés. Il existe de nombreuses pistes pour réduire l'empreinte du numérique aussi bien dans les usages que dans la conception.

La conception reste le levier le plus important pour créer des applications moins énergivores et plus accessibles. C'est d'ailleurs la deuxième conséquence de l'obésité d'Internet : le manque d'accessibilité. Plus les sites sont complexes plus il sera difficile de naviguer sur ces sites. La complexification des pages internet et des applications demandent toujours plus de ressources aux appareils des internautes, ce qui favorise l'obsolescence. 

Il y a deux approches possibles pour une entreprise. La principale option est la réflexion dans la conception de ces processus, c'est-à-dire réduire l'impact de sa production. La seconde option est l'intégration d'usages qui réduisent l'impact de son fonctionnement. Cette deuxième piste peut avoir un impact positif, mais elle reste cosmétique. Par exemple, le retrait des gobelets en plastique dans une entreprise est un geste positif, mais dans le cas d'une entreprise qui produit des services qui consomment énormément d'énergie, le principal levier pour réduire l'impact environnemental se trouve dans la conception et dans les processus et non dans son fonctionnement interne. C'est une question de mesurer l'impact et d'éviter l'effet de communication.

Mais il y a aussi deux visions pour la conception ; Internet a fait le choix de la high-tech pour résoudre ces problèmes avec toujours plus de complexités. Le résultat est mitigé au vu des statistiques. D'après le rapport du Shift Project, les impacts attendus de la transition numérique sur la productivité et la croissance ne sont pas visibles3.

Un parallèle intéressant est le transport maritime. Tout comme internet, il y a la recherche d'une efficience des moteurs pour transporter toujours plus ; la recherche autour de l'électrique avec la multiplication des capteurs qui seront de plus en plus gourmands en données et donc en énergie. Mais nous avons récemment découvert un retour à des usages plus réfléchis, plus adaptés à certaines marchandises. Le développement du transport maritime à la voile. Cette lenteur convient à des produits qui n'ont pas besoin d'un transport rapide, au contraire, elle est idéale pour des produits que l'on cherche à faire vieillir (le rhum dans ce cas). C'est un exemple d'une solution simple, frugale et adaptée à un usage précis en accord avec l'urgence climatique.
Le même constat peut se faire avec le secteur automobile qui choisit de complexifier l'automobile, de l'alourdir et de la connecter à l'instar des modèles de Tesla. Alors qu'une solution simple serait de chercher à simplifier et alléger les voitures pour réduire la consommation comme les essais de fabricants alternatifs comme Microlino ou XYT. Sans compter que cette complexification empêche de créer un débat autour d'une solution alternative plus efficiente : l'urbanisme et l'organisation de nos villes4.

Internet est confronté aux mêmes problèmes de réflexion pour réduire l’empreinte d’un site internet, plutôt que de penser uniquement en termes d'optimisations technologiques, il est plus intéressant de penser aux usages et d'avoir une réflexion d'écoconception.

L'écoconception

Cette réflexion peut se traduire en quatre points :

Écoconcevoir un site web consiste, à niveau de qualité et de service constant, à réduire la quantité de moyens informatiques et télécoms nécessaires, c’est-à-dire son empreinte matérielle.

Éco-conception web / les 115 bonnes pratiques5

Cette réflexion demande une étude et une compréhension des besoins précis (recherche d'information, achat, réservation, etc.). Cela demande de visualiser le processus de manière globale et de le planifier de A à Z en incorporant les étapes de réalisation, fabrication, le cycle de vie et de fin de vie.

Cela demande de repenser la mesure des performances en introduisant des indicateurs environnementaux et en repensant les indicateurs habituels. Il est par exemple courant de vouloir monopoliser l'attention des utilisateurs sur son site alors que l'objectif serait plutôt de délivrer l'information ou le service le plus rapidement dans une démarche d'écoconception. Ces outils de mesures ne doivent pas entraîner un excès de complexité et ils doivent permettre une amélioration en continu des différents aspects du service. C'est une démarche d'efficience et non d'optimisation.

Les gestes du quotidien

Le deuxième levier reste dans les usages numériques au sein d'une entreprise bien qu'ayant moins d'impact que la phase de conception, ces gestes sont des compléments nécessaires. Ils ont aussi l'avantage d'aider à repenser les usages pour la phase de conception.

Pour les développeurs

Appareils électroniques 

Impressions

Réduire l'impact de ces émails

Une navigation plus légère

Nos usages sont importants, mais leurs impacts restent limiter en revanche s'ils peuvent changer la perception des concepteurs des applications et des fabricants, ces gestes peuvent prendre une autre dimension écologique. Il est important de montrer aux acteurs du web, l'importance donnée à la réduction de l'impact du numérique.

Publications et notes

  1. The Growth of Web Page Size, keycdn, Octobre 2018 
  2. Wikipédia, l'effet rebond
  3. The Shift Project, Climat : l’insoutenable usage de la vidéo en ligne, Juillet 2019 
  4. Bruno Marzloff, Sans bureau fixe : transitions du travail, transitions des mobilités, Novembre 2013
  5. Frédéric Bordage, Eco-conception web / les 115 bonnes pratiques: Doper son site et réduire son empreinte écologique, 25 avril 2015
  6. Collectif Conception Numérique Responsable, Les 115 bonnes pratiques d'écoconception
  7. ADEME, une rentrée pour tout changer (infographie)